Cheveu, ça fait quelques temps que j’en entend parler et j’avais jamais vraiment pris le temps d’écouter. Un album parcouru plus tard je dois dire que Born Bad ont là une jolie cartouche (l’article dans Pitchfork en soit témoin). Pour ma part je vais éviter de répéter inutilement tout ce que l’on raconte déjà sur le trio parisien mais je serai à la Villette Sonique le 31 mai pour les voir avec la bande à Mark E. Smith !

 

hommage … aujourd’hui Mike Starr a rejoint Layne Thomas Staley. 

Mon obsession du moment - découverts via le dernier numéro de New Noise (magazine que je ne cesse de recommander) bien que je connaissais déjà un peu le fameux José Gonzalez. 

Il y’a des voix, des sons, des idées, qu’on oublie pas. Et même si on voulait on ne pourrait pas car la puissance que certains artistes dégagent va bien au delà de notre simple entendement. 

C’est dans cette catégorie là que je classe personnellement des gens comme Johnny Cash. Pas besoin de longs discours ou des lourdes explications, la musique parle d’elle même quand on évoque ce monstre sacré. 

C’est un remix, que j’ai trouvé par hasard sur le net qui m’a fait redécouvrir une chanson que j’adore à la base, que je souhaite partager avec vous. Quoi que l’on en dise certains remixeurs sont quand même de sérieux artistes capables parfois de sublimer un son, une idée. 

La Musique comme simple produit d’appel ?

Quel est l’avenir de la création musicale ? Voilà la question qui turlupine les personnes qui, comme moi , espèrent ne pas avoir à pointer à Pôle Emploi d’ici quelques mois ou quelques années. C’est d’ailleurs ce que prédisait déjà le prophète Thom Yorke. Enfin bon, tout dépend dans quelle partie du verre on se retrouve. Il y’ a ceux qui respirent encore et qui se disent qu’il y’a encore vachement d’air. Et puis il y’ a les autres. Ceux qui s’y sont déjà noyés depuis longtemps. C’est vrai que le disque se casse la gueule. En dehors des concerts à 120 euros le billet, la grande majorité des salles de concert se vident. 

 Alors, on a vu une multitude de solutions intéressantes, innovantes, ou parfois même assez flippantes, voir le jour. Il semble, cela dit, que toutes ces expérimentations, qui seront peut être les business modèles de demain, se rejoignent sur un point  : la valeur de la musique diminuerait petit à petit pour ne presque plus qu’avoir une simple valeur de produit d’appel. 

 Vous savez… les produits d’appel : ces produits souvent bas de gamme, vendus à bas prix. Ces produits sont utilisés par les commerçants afin d’attirer le client vers un point de vente bien particulier. Bon j’avoue… il arrive aussi que ce soit un produit de qualité sur lequel on pratique un tronçonnage du prix. Cette technique a pour principe une politique de faible marge qui pousse le client à s’intéresser à d’autres produits où la marge est, elle, nettement plus volumineuse (pas folle la guêpe). 

Apple est à mon sens l’un des exemples les plus intéressants illustrant ce propos. Prenez iTunes par exemple. Loin de moi l’idée de dire qu’Apple sont de vilains méchants qui abusent de la crédulité des clients (quel commerçant ne l’a jamais fait ?) et qu’ils tirent des profits juteux du business culturel… Non ! iTunes est bel est bien une plate-forme qui distribue de la musique (et maintenant des films) à bas prix, d’une qualité pas trop mauvaise. Mais quel intérêt tire ce mastodonte de la High-tech à vendre des produits qui aujourd’hui ne se vendent plus ou mal ? (par rapport aux années glorieuses de la musique enregistrée)  Tout ! Effectivement, Apple semblent utiliser la musique et les biens culturels comme produits d’appels dans le simple but de vendre des iPod, des iPhones et maintenant des iPad. Et apparemment ça marche.


 Et les artistes alors ?


 Il semble que les artistes, dont beaucoup ont vu leurs revenus fondrent comme neige au soleil, ont décidé de transformer et d’utiliser leur image publique comme véritable image de marque. Ils utilisent désormais leur musique, non plus comme source de revenus, mais comme produit visant à vendre d’autres produits à plus forte valeur ajoutée. 

Le merchandising par exemple devient la principale source financière des artistes de musiques actuelles. Il n’y a encore pas si longtemps, on ne voyait que des cds, des dvds, et des tee-shirts sur les stands de merchandising (comme on dit quand on est vrai aficionado des salles de concerts)…la base quoi. Mais internet a permis à certains artistes de transformer leurs propres sites en véritable vitrine commerciale. 

Prenez le groupe KISS par exemple. Leur boutique en ligne est certainement l’une des plus singulière en terme de revenus annexes. Le groupe a réussi un tour de force en utilisant leur image mondialement médiatisée. Connue depuis plus de 30 ans, cette dernière est devenue une marque à part entière. A voir la liste interminable d’objets et de produits proposés dans la boutique… Kiss n’est plus simplement un groupe, c’est carrément un hypermarché ! On peut désormais acheter du simple tee-shirt KISS, au vin KISS, au flipper KISS, et même au cercueil KISS (Dimebag Darell, le légendaire guitariste assassiné du groupe Pantera, est d’ailleurs « l’heureux propriétaire » d’un exemplaire. La classe !).


Même Jónsi, surtout connu pour être le chanteur du groupe Sigur Rós vend désormais son propre chocolat ! 

Aussi très significative, l’opération dont la signature n’est pas inconnue : How to Destroy Angels, le nouveau side project de Trent Reznor avec sa propre femme. Il ont proposé à la sortie de leur premier EP une opération très Nine Inch Nailsesque. En effet, le fan pouvait télécharger l’album gratuitement et légalement contre une adresse email. Mais il pouvait aussi, contre une somme d’argent plus élevée (19 euros en moyenne), avoir le luxe de se payer un tee-shirt en plus de la musique gratuite. Pour vous dire, j’ai moi-même failli craquer.

 Et sinon, êtes-vous l’heureux propriétaire des écouteurs Lady Gaga ?! Écoutez-vous votre musique Lady Gaga sur votre iPhone décoré aux couleurs Lady Gaga ? Moi non… mais j’aurai très bien pu. Il faut bien l’avouer, la jeune Stefani a fait de son personnage un véritable empire bien ficelé grâce à une stratégie web des plus convaincante (article owni), avec toujours la musique comme base solide. Il n’y avait plus, pour elle, qu’à se baisser pour ramasser. Pour celle qui a fait de « son » image une véritable marque déposée, il est sur qu’aujourd’hui la chanteuse américaine a fait de sa création musicale un accessoire de second plan. Il paraît évident que Gaga ne cherche pas à faire du business musical à l’ancienne comme l’aurait fait un certain Mickael Jackson dans la fleur de l’âge… et surtout 20 ans auparavant. Non, la musique pour La blonde platine de 23 ans n’est que la simple fondation d’un immeuble immense fait de revenus annexes et de merchandising à profusion.


Mylène Farmer pourrait presque dire qu’elle lui a tout piqué !


 Maynard James Keenan, le charismatique chanteur des groupes « Tool »  et « A Prefect Circle », lui non plus ne semble plus vraiment croire au potentiel financier de sa création artistique. Et pourtant, le talent de ses groupes lui ont valu quelques millions d’albums vendus dans le monde entier et des tournées toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Keenan est apparemment un homme lucide. Après la sortie de l’excellent « 10 000 days », le chanteur décide de s’improviser viticulteur pour assurer à sa descendance un avenir et un héritage solide. Les royalties ne sont-elles donc plus suffisantes ? Le disque ne constitue-t-il plus une base solide de revenu ? Vraisemblablement non. Et d’ailleurs, non content d’avoir investi dans un domaine purement rentable, le vin, Maynard J. Keenan a monté en parallèle un projet multi-culturel, multi-média et multi-artistes du nom de Puscifer. Et Keenan ne s’en cache pas, pour lui Puscifer est aussi bien un projet musical qu’une ligne de vêtement, dont Adam Jones (guitariste et principal composteur de Tool) n’en est que le simple designer.   

 Keenan et tous les autres artistes, bien que tous très talentueux, ne semblent justement ne plus croire que seul le talent leur assurera une carrière et une vie stable, ainsi qu’une retraire extravagante. Alors, pourquoi ne pas l’utiliser et élargir leur gamme de produit ? 

Loin de moi l’envie de tirer sur l’ambulance. Même si de telles directives n’améliorent en rien la situation presque précaire de l’industrie musicale, si elles permettent à nos artistes tant aimés de continuer à produire de la musique, fusse-t-il pour en vivre directement ou indirectement, et bien vous m’en voyez ravi ! Au fond, c’est tout ce qu’on leur demande non ? 

——————————————————

Un grand merci à Géraldine Clermont pour la relecture & corrections.

23H45 - j’étais entrain de peaufiner un article sérieux (si si !) à paraitre prochainement sur cette même page tout en écoutant le fabuleux “Grace” de Jeff Buckley et je me suis soudainement souvenu de cette vidéo qu’un ami m’avait recommandé il y’a quelques mois en m’affirmant quelque chose du genre :

“je l’ai maté 100 fois et à chaque fois j’ai eu les mêmes frissons”

Et ma foi je le comprend !

Voici donc une version de “Hallelujah” écrite par Leonard Cohen il y’a de ça plus de 25 ans, merveilleusement bien re-adaptée par Jeff Buckley en 1994 sur l’album “Grace” et dont la mort en 1997 aura rendu légendaire.

Cette version là,  celle de la vidéo présentée ici j’entends, est une autre adaptation de la version originale de Leonard Cohen par les candidats de “Pop Idol” en 2003 (le “A la Recherche de la Nouvelle Star” Norvégien).
L’intervention vocale du dernier candidat, Kurt Nilsen gagnant de cette édition cette année est impressionnante d’émotion et de maitrise.

Pendant que nos candidats nationaux se débattent tant bien que mal à massacrer là plus part des montres légendaires qu’ils se veulent défendre, les Norvégiens eux nous subliment un “Hallelujah” à 5 voix. 

Jouerait on dans la même cours ?

WAX TAILOR - Say Yes

Je ne m’étais pas du tout plongé dans le tout dernier Wax Tailor “In the mood for life” qui m’avait plutôt laissé de marbre aux premières écoutes. Il faut dire qu’avec “Hope & Sorrow” il avait placé la barre très haute et reste peu étonné que ce nouveau disque reste largement en dessous.

“Say Yes” est le premier single de “In the mood for life”. Je reste nettement plus transporté par la version live découverte lors de la dernière édition de Solidays. D’ailleurs je crois bien que c’est la seule qui m’ait vraiment marqué à part peut le massacre intégral de “House of Wax”

Le clip reste néanmoins bien foutu et la musique du Wax Tailor comme on l’aime à la base. Bref… Enjoy !

La chanson du jour n’est autre que l’excellente “Glitter Freeze” tiré du tout dernier album de Gorillaz (beaucoup moins excellent cependant) avec en special guest l’insolent mais charismatique leader du groupe de post-punk anglais The Fall, j’ai nommé : Mark E Smith.

Rare sont ceux qui encore se souviennent de ce groupe légendaire à l’impressionnante discographie de 28 albums. Et pourtant, le projet plus expérimental que punk de Mr. Smith et toujours bel et bien en activité.

“Légendaire” - le mot n’est pas choisi à la légère car disons le, Mark E Smith a quand même marqué 30 ans de musique, si bien que de nombreux artistes, tous aussi légendaires, le citent en influence (Pavement, Sonic Youth, Asian Dub Foundation, Saint Etienne, Lcd Sound System, Franz Ferdinand et même Nirvana).

Je profite de ce court billet pour lancer une double info concernant The Fall. Un excellent article a été publié dans le dernier numéro de Noise Mag à l’occasion de la sortie du nouvel album du groupe “Your Future Our Clutter”. Voilà c’est fait.

Allez… un extrait !

MASTODON - The Czar

C’est la chanson du jour, en prévision d’un article à paraitre très prochaine ici même.

Mastodon c’est ma grande révélation de l’année 2009. Le groupe n’est pas tout jeune mais les albums précédents ce monumental “Crack the skye” (le Time Magazine a d’ailleurs placé l’album à la 3eme place du Top 10 des meilleurs albums de l’année 2010) ne m’avaient pas autant marqué.

Avec “Crack the Skye” Mastodon assied définitivement sa notoriété dans le genre “progressif” et c’est entièrement justifié.